Le TGV prend de la vitesse pour arriver à Clermont-Ferrand… à l’horizon 2020 !


Photo : Le Studio Photo
Commencée symboliquement par l’arrivée en gare de Clermont-Ferrand  d’une rame TGV, la rencontre organisée par l’association TGV Grand Centre Auvergne a permis de mesurer à quel point le « plus grand chantier depuis l’A 71 » va nécessiter de cohésion de la part des acteurs économiques pour arriver à … un TGV déchargeant ses voyageurs en gare de Clermont-Ferrand à l’horizon 2020 voire 2025 !

Un potentiel de 10 millions de voyageurs

L'épineux problème du financement

Trois instances de concertation
L'Association TGV Grand Centre Auvergne
Un projet sur les rails depuis fin 2007


Inscrit dans la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, le projet de TGV Grand Centre Auvergne Paris-Orléans-Clermont-Lyon était au cœur des préoccupations de la rencontre « TGV Grand Centre Auvergne, c’est parti » organisée le 20 novembre dernier à Clermont-Ferrand en présence de nombreuses personnalités*.
Pour Rémy Pointereau, sénateur du Cher, président de l’Association TGVGCA organisatrice de l’événement, l’union sacrée au-delà des sensibilités doit prévaloir pour que le projet aboutisse à l’horizon 2020 : « C’est une course de vitesse, chaque minute gagnée le sera pour notre économie ».
Michel Mercier, ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, s’exprimant aussi en tant qu’élu du Rhône, a estimé que : « Lyon a besoin d’une liaison moderne avec l’ouest du Massif central, il s’agit d’une ligne d’aménagement du territoire, structurante pour l’ensemble de la France. » 

Un potentiel de 10 millions de voyageurs
Evaluant à quelque 10 millions de personnes le potentiel annuel de nouveaux voyageurs captés par cette ligne TGV, Stéphane Volant (secrétaire général de la SNCF) a insisté sur la nécessaire prise en compte de tous les territoires le long du tracé et la volonté de la SNCF de « jouer l’effet réseau entre tous les modes de transports, les trains Corail, les TER et les parkings qui ne sont rien d’autre que des modes de transport à vitesse nulle ».
Hubert du Mesnil, président de RFF, a mis en évidence les trois éléments clés à combiner pour faire aboutir un tel projet : « La volonté politique, l’intelligence – car il s’agit d’un sujet complexe qui ne concerne non pas un mais plusieurs territoires que sont l’Ile-de-France, le Centre, l’Auvergne, la Bourgogne et le Grand Lyon - et l’écoute, des ingénieurs comme des responsables politiques ou des associations. Avant de couper des arbres, il est essentiel d’y regarder à deux fois ».

L'épineux problème du financement
C’est à Claude Liebermann (membre du Conseil général des Ponts et chaussées ayant suivi la 2ème phase du TGV Est, ancien maire de Riom) que revenait d’aborder l’épineux problème du financement : « Un TGV, c’est 20 millions d’euros par kilomètre financé entre 25 et 35 % par les collectivités territoriales. Néanmoins, a-t-il poursuivi, les retombées sont considérables : les travaux du TGV Est avaient généré 6 500 emplois pendant 5 ans ; le développement immobilier et économique de l’environnement immédiat est dopé, à l’image d’une ville comme Reims». A cette réalité économique, il faut associer une réalité commerciale : « Compte tenu de son coût d’investissement et de fonctionnement, un TGV doit circuler le plus rempli possible d’où la nécessité d’établir une cohérence et une complémentarité entre les réseaux et de créer des hubs ferroviaires ». Insistant sur la nécessité du dialogue et l’importance fondamentale de l’implication des représentants des régions, Claude Liebermann à listé quelques écueils à éviter absolument : les oppositions sur le tracé, les divergences entre constructeur et gestionnaire.
Pour René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne, « Le financement demeure problématique au regard du budget de la région  Auvergne sur lequel pèse déjà la rénovation du rail, il faut que l’Europe s’empare de ce problème ! »

Trois instances de concertation
«  Bien sûr, c’est un projet difficile, a reconnu Patrick Stefanini, préfet de région qui est également préfet coordonnateur des études avant le débat public, avec des préoccupations environnementales suscitées tant par la traversée de la Sologne, la Loire, les Monts du Lyonnais, le Morvan que l’embranchement sur Paris à partir de la gare d’Austerlitz. Il nous faut nous rassembler et jouer la carte de la concertation. » De fait, la concertation va effectivement pouvoir s’instaurer via trois instances : le comité de pilotage qui associe RFF, l’Etat et les 5 régions concernées ; le comité consultatif qui regroupe les principales villes, communautés d’agglomération, régions et départements concernés ; les réunions régionales organisées avec le soutien de RFF pour élargir la concertation. « Nous ne cherchons pas à établir le tracé avant le débat public prévu en 2011, mais plutôt à réfléchir à plusieurs scénarios. Il ne s’agit pas de confondre vitesse et précipitation » a conclu Patrick Stefanini tout en appelant à une mobilisation exemplaire pour relever le défi du TGV à l’horizon 2020.

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* Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales ; Michel Mercier, ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du Territoire ; Serge Godard, maire de Clermont-Ferrand, président de Clermont Communauté ; René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne

Rappel de la position de la CCI de Clermont-Fd/Issoire qui, outre la liaison TGV Paris/Clermont, rappelle l’urgence d’offrir rapidement une liaison Clermont/Lyon en 1h30 

Rappel de la création de l’Association consulaire pour la LGV Paris/Clermont-Ferrand/Lyon 


Photo : Le Studio Photo
Parmi les personnalités présentes pour l'arrivée du TGV en gare de Clermont-Ferrand le 20 novembre (de gauche à droite) : René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales et (dernier à droite) Rémy Pointereau, sénateur du Cher, président de l’Association TGVGCA.

L’association TGV Grand Centre Auvergne

Créée en décembre 2007 pour désenclaver le centre de la France tout en préservant ses richesses.
TGV Grand Centre Auvergne inscrit son action dans la perspective d’un raccordement des régions Centre, Limousin et Auvergne au réseau français et européen à grande vitesse, alors même que ces territoires comptent parmi les plus fragilisés au plan national et nécessitent un traitement prioritaire en termes de politique d’aménagement durable et solidaire du territoire pour contribuer à leur désenclavement.
Sont représentés au sein de l’association, les villes, régions et départements directement concernés par ce projet de TGV Grand Centre Auvergne ainsi que la CRCRI Auvergne et les CCI de Clermont-Fd/ Issoire, Montluçon, Moulins/Vichy, Riom, Roanne, Thiers, Brioude et du Cantal.
http://www.tgvgca.com/ (pour consulter en particulier les dossiers techniques SNCF et RFF et les étapes à venir)

 

Un projet sur les rails depuis fin 2007


Avant 2007 : même si on en rêvait, personne ne parlait de LGV Paris Clermont Lyon
Octobre 2007 : lancement de l’étude RFF sur la faisabilité d’une liaison Clermont-Ferrand Paris en LGV
Décembre 2007 : constitution de l’association TGV GCA (TGV Grand Centre Auvergne)
Septembre 2008 : nomination du préfet de la Région Auvergne, préfet coordonnateur. Aujourd’hui, Patrick Stefanini.
Octobre 2008 : l’Assemblée nationale adopte l’amendement du Gouvernement indiquant la LGV Paris Clermont Lyon dont les études sont engagées en vue du débat public
Janvier 2009 : Approbation au Sénat des amendements mentionnant Orléans comme capitale régionale concernée par la liaison TGV GCA
Mars 2009 : validation de la convention de financement des études préalables au débat public par les 5 régions qui se partagent 1/3 du financement total (5,5 M d’euros), les 2/3 restants étant répartis à parts égales entre l’Etat et RFF (Réseau Ferré de France)
Début 2011 : lancement du débat public
Horizon 2020 : mise en service